
Invitations Zoom, fichiers partagés : Kaspersky alerte sur 4,7 millions d’attaques ciblées pour la rentrée
L’heure de la rentrée a sonné : après la pause estivale, les entreprises retrouvent leur plein rythme d’activité. Une intensification des échanges dont comptent bien profiter les cybercriminels en dissimulant des liens et fichiers piégés derrière de fausses communications d’entreprise. L’analyse de Kaspersky sur les 12 derniers mois est sans appel : l’éditeur a bloqué 4,7 millions de tentatives d’attaques s’appuyant sur des contenus usurpant des outils professionnels du quotidien comme Zoom, Outlook ou OneDrive*.
Au retour des vacances, les collaborateurs retrouvent un rythme plus soutenu : reprise des projets, réorganisation des équipes et multiplication des e-mails, réunions ou fichiers partagés. Cette période de transition constitue un terrain idéal pour les cybercriminels. Une fausse invitation à une visioconférence glissée au milieu de rendez-vous légitimes, une pièce jointe malveillante déguisée en document de travail, ou une page de phishing imitant un service de messagerie ou de stockage cloud habituel : autant de pièges difficiles à déceler. Submergés par ce flux massif de communications quotidiennes, les salariés éprouvent plus de difficultés à distinguer un message frauduleux d’une communication authentique.
Les plateformes de travail habituelles : des leurres redoutablement efficaces
Entre juillet 2025 et juin 2026, Kaspersky a détecté 4 781 846 tentatives d’attaques s’appuyant sur l’usurpation de services collaboratifs largement répandus. Zoom figure largement en tête des applications les plus détournées avec 2 658 283 tentatives, suivi d’Outlook (1 546 122 détections). Les cybercriminels ont également exploité les contenus associés à OneDrive (197 030 cas), Microsoft Excel (151 948 cas) et Microsoft Teams (111 402 cas).
Côté typologie, les téléchargeurs (Downloaders) constituent la principale menace recensée avec 2 733 204 cas. Ces programmes installent d’autres logiciels à l’insu de l’utilisateur, introduisant de nouveaux composants malveillants. Les chevaux de Troie (Trojans) arrivent en deuxième position (989 377 détections). Dissimulés derrière des fichiers ou applications d’apparence légitime, ils permettent aux attaquants de dérober des données, surveiller l’activité, prendre le contrôle de l’appareil à distance ou installer d’autres charges malveillantes. Enfin, les exploits, qui tirent parti des vulnérabilités logicielles ou du système d’exploitation, complètent ce podium avec 341 165 détections.
Les comptes d’entreprise ciblés par des scénarios de phishing du quotidien
Un grand nombre de schémas d’hameçonnage identifiés par Kaspersky visaient la compromission directe de comptes d’entreprise. Parmi eux, certains recouraient à une technique particulièrement sophistiquée : le device code phishing (phishing par code d’appareil).
Au lieu d’inviter la victime à saisir son mot de passe sur une fausse page de connexion, le site malveillant lui affiche un code à usage unique à recopier. Ce code est généré via la procédure légitime d’autorisation d’appareil de Microsoft (Device Authorization Grant), conçue à l’origine pour faciliter l’authentification sur des équipements aux capacités de saisie limitées. Les attaquants déclenchent ce processus pour leur propre application frauduleuse et piègent l’utilisateur en l’amenant à saisir le code sur la véritable page de connexion de Microsoft.
En complétant cette vérification, y compris lorsqu’elle intègre une authentification multifacteur (MFA), l’utilisateur autorise à son insu une application contrôlée par les pirates. Contrairement au phishing classique, les identifiants Microsoft de la victime ne sont pas directement exposés : les attaquants récupèrent un jeton d’accès officiel émis par Microsoft dès la validation par la victime. Ce jeton leur permet ensuite d’accéder aux e-mails, aux documents OneDrive ou aux échanges Teams. L’utilisation d’une page d’authentification Microsoft officielle rend ce piège particulièrement redoutable, car un simple contrôle de l’adresse Web (nom de domaine) ne permet pas de détecter la fraude.

Exemples de pages de phishing invitant à saisir le code
Parmi les autres menaces ciblant les entreprises identifiées par les experts de Kaspersky figurent de fausses invitations à des entretiens d’embauche usurpant l’identité des équipes de recrutement de Google. Les messages prétendaient que le profil professionnel du destinataire avait retenu l’attention du groupe et l’invitaient à programmer un premier échange via un lien intégré.
Fait marquant : ces e-mails d’hameçonnage étaient distribués via Google AppSheet, une plateforme légitime appartenant à Google, et directement expédiés depuis une adresse AppSheet officielle. Les attaquants ont détourné ce service pour donner une crédibilité renforcée à leurs messages. Le lien renvoyait en réalité vers un site frauduleux conçu pour intercepter des informations personnelles et des identifiants de connexion.

Exemple de fausse invitation à un entretien
Ce type de leurre s’avère particulièrement redoutable au moment de la rentrée professionnelle, une période où les entreprises relancent leurs recrutements et où les collaborateurs sont davantage susceptibles d’être sollicités par des recruteurs. L’utilisation d’un service légitime comme AppSheet apporte une crédibilité supplémentaire au piège, tandis que la promesse d’une opportunité de carrière personnalisée est conçue pour attiser la curiosité et inciter les victimes à cliquer sur le lien avant d’avoir vérifié l’authenticité de l’offre sur le site officiel de l’entreprise.
« À la rentrée, les collaborateurs voient se multiplier les invitations à des réunions, les partages de documents, les notifications de compte et les sollicitations, qu’elles émanent de contacts connus ou inédits. Les cybercriminels maîtrisent parfaitement ce contexte et imitent précisément les outils que chacun s’attend à utiliser au quotidien. Le véritable danger ne provient pas d’un message manifestement suspect, mais d’une communication en apparence tellement banale qu’elle est ouverte sans la moindre hésitation », explique Evgeny Kuskov,chercheur principal en sécurité chez Kaspersky.
* Les mots-clés analysés comprenaient : Zoom, Outlook, OneDrive, Microsoft Excel, Microsoft Teams, Gmail, Dropbox, Figma, Google Drive, Basecamp et Slack.
Pour réduire les risques liés aux attaques usurpant l’image des outils de travail, Kaspersky recommande les bonnes pratiques suivantes :
- Vérifier l’adresse de l’expéditeur et la destination des liens avant d’ouvrir une invitation à une réunion, un document partagé ou une notification de compte. Une très légère modification dans un nom de domaine peut indiquer une tentative d’usurpation.
- Télécharger les applications professionnelles et leurs mises à jour exclusivement depuis des sites officiels, des magasins d’applications reconnus ou des plateformes logicielles approuvées par l’entreprise.
- Faire preuve de vigilance lorsqu’un document demande de manière inattendue d’activer des macros, de désactiver des paramètres de sécurité ou d’installer des logiciels complémentaires.
- Utiliser des mots de passe forts et uniques pour chaque compte d’entreprise et les conserver en toute sécurité dans un gestionnaire de mots de passe.
- Activer l’authentification multifacteur (MFA) pour la messagerie électronique, le stockage cloud, les plateformes collaboratives et l’ensemble des services critiques pour l’activité.
- Vérifier toute demande de paiement inhabituelle, invitation au partage de documents ou demande d’accès via un canal de communication distinct, en particulier si le message présente un caractère d’urgence.
- Maintenir à jour les systèmes d’exploitation, navigateurs, applications bureautiques et outils de communication afin de réduire l’exposition aux vulnérabilités connues.
- Proposer aux collaborateurs des formations régulières de sensibilisation à la cybersécurité, intégrant des cas concrets de phishing, de fausses pages de connexion et de notifications professionnelles piégées.
- Déployer une solution de sécurité fiable sur les appareils professionnels et personnels utilisés dans le cadre du travail pour détecter les fichiers malveillants, les pages d’hameçonnage et les comportements suspects.
À propos de Kaspersky
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